جولة قصيرة لسائح بتقرت "فرنسي"

Petite promenade d'un Touriste à Touggourt..

Dans la voiture décapotée, nous traversons a vive allure une rue à arcades puis nous ralentissons en nous engouffrant dans les voies étroites et tortueuses de la vieille ville. Nous tournons autour de la mosquée, le minaret carre profile son ombre au centre du quartier...
La brise du soir caresse nos visages en sueur. Nous empruntons une petite route goudronnée.
Il faut que je vous emmène voir la principale curiosité de Touggourt, nous dit alors notre chauffeur, " le tombeau des rois ", tenez, c'est là, vous voyez ce grand cimetière ?
Derrière un rideau de tamarins, quatre petites koubbas à coupoles, l'une blanche, les trois autres de couleur sombre, forment en effet un ensemble monumental.
Cette tombe est celle de Aîchoumeche la Djallabia,fille du roi deTemacine. Prisonnière du roi de Touggourt, elle s'évada et par un heureux subterfuge se rendit maîtresse de la place forte de l'oasis et, avec l'aide de son père, chassa du trône son persécuteur.
Voyant notre intérêt aiguise, et déformation professionnelle oblige- il est aussi enseignant -, notre guide d'un jour se lance dans un véritable ex-posé sur l'oasis qu'il semble si bien connaître.
Savez-vous comment ici on surnomme la ville?
Les indigènes l'ont baptisée " ventre du désert ". C'est la capitale naturelle de toute la région de l'Oued R'hir ; nous sommes en effet à deux kilomètres seulement de l'ancienne Touggourt. Peut-être avez-vous remarqué, vu d'avion, que sa forme était à peu près ronde. En fait, cette ville est entourée d'un fossé de deux à trois mètres de profondeur, rempli d'eau et dominé par un talus de huit à dix mètres de hauteur, qui la préserve de l'envahissement des sables. Les maisons qui avoisinent ce fossé sont reliées entre elles et constituent une enceinte continue à laquelle on n'accède que par deux portes : Bab-el-bled et Bab-abd-es-Selam, Touggourt est divisée en plusieurs quartiers et possède deux faubourgs: au sud, Nezla et ses étangs malsains ; au nord-est, El-Balouch où l'on trouve les filles des Ouled-Naïl qui, comme à Biskra, Bou Saada et
dans d'autres localités du sud, font commerce de leurs charmes-Intarissable, oui intarissable, notre interlocuteur l'est assurément.,.
LaTouggourt ancienne était autrefois plus au nord, au-delà du village de Nezla, Là, dit la légende, vivait une femme d'une très grande beauté, mais de mœurs légères: Bahadja, la joyeuse, - c'était son nom. Chassée à cause de sa vie scandaleuse, elle se réfugia sous un gourbi, sur l'emplacement actuel de la mosquée. C'est alors quelle accueillit un marabout de M'sila, Sidi-Bou-Djemline, qui quêtait pour sa Zaouia mais auquel lesTouggourtins, Ibadites, avaient refusé l'hospitalité. En récompense, le marabout invoqua Dieu en ces termes: " Oh Dieu! Protège Bahadja, que son gourbi devienne maison et que les maisons inhospitalières de Touggourt se dépeuplent et s'écroulent! ". L'invocation fut entendue, les habitants de Touggourt se divisèrent, s'entre-déchirèrent, tandis qu'une charmante demeure en toube prenait place sur le lieu même du gourbi de Bahadja. Cet endroit devint le centre de la ville nouvelle. Cette histoire n'est-elle pas fabuleuse ?
Fabuleuse, c'est le mot exact. Fabuleuse comme ces rues bordées d'arcades que nous traversons à nouveau, comme ces magnifiques jardins où des Fabuleuse, c'est le mot exact. Fabuleuse comme ces rues bordées d'arcades que nous traversons à nouveau, comme ces magnifiques jardins où des légumes de toutes sortes poussent à l'ombre des palmiers, comme ces palmeraies à perte de vue. Fabuleuses aussi la place du souk et les deux principales mosquées de Touggourt - qui en compte vingt, selon les dires de notre spécialiste. Djema-Meskin, la première, au minaret de briques cuites. Djama-Kebir, la seconde, dont une plaque de marbre blanc rappelle qu'elle fut achevée par l'émir Ibrahim en l'année 1220 de l'Hégire, près de dix-neuf siècles aprés Jésus-Christ ! Inattendu enfin, ce monument commémorant la mission Citroën .