الرواغة - أمام الامبراطور- "فرنسي"

Les Rouagha

                                        L'ALGERIE DEVANT L'EMPEREUR
 
                                        PAR LE DR A. WARNIER  P 27 - 28


 
 
 
                D'après un inventaire dressé par M. le colonel Hanoteau, avec carte à l'appui de M. le général de Neveu, il y a, en Algérie, 855,159 individus parlant cette langue, conséquemment Berbères berbérisants. Mais, dans le travail de ces deux officiers, remontant déjà à 6 ou 7 années, j'ai constaté de nombreuses lacunes qui m'autorisent à élever à un million, en nombre rond, le chiffre des indigènes parlant l'un des dialectes berbères et notoirement attachés aux tra­ditions et aux institutions de leur race.
 
Les tribus de cette catégorie sont répandues, savoir :
 
Sur le littoral méditerranéen, de la frontière de Tunis à celle du Maroc, où elles sont connues, sous le nom de Kabyles ;
 
Dans le sud de la province de Constantine, où elles portent le nom de Chaouia ;
 
Dans les principaux massifs de montagnes des pro­vinces d'Alger, et d'Oran, où elles sont appelées du nom général de Djebelia, montagnards, Jubaleni, Jubalènes des Romains ;
 
Dans le Sahara oriental, notamment dans l'Oued-Righ et le pays d'Ouargla, où elles sont désignées sous le nom de Ronagha. synonyme de Nigrites des Romains et des Grecs;
 
Dans le Sahara central, où elles ont pris le nom du lieu qu'elles habitent : Béni Mezab ;
 
Enfin, dans le Sahara occidental, où on leur donne le nom de leur race, celui de Braber.
 
Le nombre des tribus berbères qui, en devenant musul­manes, ont adopté la langue du Coran et une partie des habi­tudes des Arabes, celles que j'appelle berbères arabisants, sont bien plus nombreuses que les berbères berbérisants. Bien qu'elles aient pour la plupart la prétention de se donner une origine arabe, réputée plus noble, il est cependant facile de reconnaître en elles, abstraction faite des caractères phy­siques dominants, quelques traces de la tradition berbère, soit dans leur mode d'habitation, soit dans leurs procédés de culture, mais plus particulièrement dans leur attachement au sol, dans le désir de le posséder à titre privé, enfin dans une moins grande répugnance pour le travail .