تاريخ أولاد نايل "فرنسي"

HISTOIRE  DES OULAD NAÏL

(Revue africaine 1873)


Les tribus nomades, désignées sous le nom d'Oulad-Naïl, parcourent habituellement la partie de l'Algérie, comprise entre Biskra,
Bouçada, le djebel Sendjas, le djebel Seba-Rous, le djbel Oukilja limite de la province d'Oran jusqu'au djebel Serdoun, le djebel
Amour, Laghouat, l'oued-Djedi, Tougourt. Mais leur existence voyageuse ne se maintient pas toujours dans les plateaux intermédiaires à ces limites. La sécheresse fait quelquefois remonter certaines d'entre elles vers le nord, et la pluie les invite souvent à s'enfoncer plus avant dans le sud, pour y paisser l'herbe qui y sort alors courte et tendre.
Ce qui revient de ce vaste territoire aux Oulad Naïl du cercle de Djelfa, est borné, à l'est, par le djebel Djedid et le djebel.
Boukahil ; à l'ouest par le djebel Serdoun. Il est traversé, parallèlement à la mer, par le djebel, Sahari ou djebel Mechentel, et en allant vers le sud, par le djebel Sera, et enfin par le djebel Kobter. Ces deux dernières montagnes ne sont, à proprement parler, qu'une étroite ceinture de rochers.
Du djebel Sendjas continué, vers l'ouest, par le djebel Seba-Rous et le djebel Oukil, au massif des Sahari, se déploie, sur
8 lieues de largeur et 20 de profondeur environ, le bassin fermé du Zarez, caractérisé par l'abondance des eaux souterraines peu profondes. Une longue ligne de dunes le parcourt de l'est à l'ouest. Au milieu de ces collines de sable, dont le moindre souffle d'air change la l'orme, jaillissent, parfois des sources qui donnent naissance à des marécages. Les puits n'y sont pas rares.
Dans le Zarez se trouvent deux Sebkha (étangs salés) : celle de l'est, au pied du Sendjas, et celle de l'ouest, au pied du djebel Oukil.
La Sebkha occidentale est alimentée par l'oued Malah et l'oued Hadjia. Une couche de 0,40 centimètres de sel en couvre le fond.
Un îlot avec une source d'eau douce, est au centre de cette immense nappe d'eau salée et en rompt la monotonie.
Il est dangereux de traverser sans guide l'une ou l'autre de ces deux Sebkha , car on s'enfoncerait, souvent dans des trous vaseux.
Entre le djebel Sahari et le djebel Sera, existe une deuxième zone de landes mamelonnées, dont les eaux sont  tributaires du Zarez.
Le djebel Sera partage les eaux du cercle de Djelfa en deux versants principaux : l'un s'incline vers le sud et l'autre vers le nord.
Entre le djebel Sera et le djebel Kobter s'étend une autre série de steppes, dont le plan s'abaisse vers l'oued Djedi. Elles sont hachées et ravinées par mille ouidane ou ruisseaux, à sec la plupart du temps, mais torrents impétueux à la moindre pluie. Elles sont parsemées de rochers bizarrement taillés et entassés par des cataclysmes successifs. On y rencontre de grands espaces de terrain siliceux et sablonneux. Ces plaines à plateaux étages, présentent des accidents géologiques fort remarquables : ce sont de profondes dépressions, dont les parois à pic se creusent subitement dans un sol uni à première, vue ; puis des assises de rochers qui s'empilent les uns sur les autres en forme de cuvettes elliptiques et concentriques.
Enfin, derrière le djebel Kobter, commence le véritable Sahara, qui ne livre au regard que les mêmes horizons.
Toutes les plaines du cercle de Djelfa, dont le terrain est, en majeure partie, arénacé, sont couvertes, pendant toute l'année, d'une grande variété de plantes  aromatiques, qui communiquent à la chair de tous les herbivores une saveur parfumée. Une légère ondée suffit pour y faire pousser en abondance les  luxuriantes graminées. Alternativement el suivant la nature du sol, s'étendent à perte de vue d'immenses champs de halfa (Herba
tenacissima), dont les tiges dures et flexibles servent à la confection de tous les ustensiles nécessaires à la vie nomade; de chih (artemisia herba alba); de tegoufet (armoise); de senar (ligeum spartum) , de guetaf (alriplex halinus).
Toute cette végétation diminue à partir du djebel Sera, et devient graduellement rachitique et rabougrie à mesure qu'on s'avance vers le sud. Elle finit par disparaître entièrement derrière le djebel Kobter, pour ne plus se montrer que dans les daya (bas-fonds).
Les principales rivières de la région de Djelfa sont :
L'oued Djelfa, qui prend naissance à 4 ou5 kilomètres au-delà du village de ce nom. Cette rivière coupe le djebel Sahari en deux, se sature de sel en baignant les pieds du Rocher de sel et de là va se perdre, sous le nom d'oued Malah, dans la Sebkha occidentale;
L'oued Hadjya, à l'ouest de la précédente, qui se jette également dans la Sebkha ci-dessus ;
L'oued Hamouida, l'oued Bou-Drime, toutes deux affluents de l'oued Djedi .Elles sont poissonneuses, ainsi que l'oued Mergued et l'oued Tadmit, mais en barbeaux seulement. Sur leurs bords se trouvent la plupart des Ksour du cercle de Djelfa, ksour dont nous avons fait l'historique dans les numéros 34, 37, 38, 40, et 41 de cette Revue.
Sidi Naïl, souche des oulad Naïl, descendait de Moulai Idris el-Kebir. Ses quartiers de noblesse sont établis, avec une scrupuleuse exactitude, par la généalogie suivante, qui comprend celle du Prophète :
Naïl fils d'Abd Allah, fils de Bou Leït, fils de Abd el-Krime, fils de Ben-Ameur, fils de Mohammed, fils d'Ali, fils d'Abd es-Selame, fils de Bou-Becr, fils de Harous, fils d'Aïssa, fils de Salem, fils de Merouane, fils de Hider, fils d'Abdallah, fils de Moulai
Idris II, fils de Moulai Idris I , fils d'Abdallah, fils de Mohammed,
Fils d'El-Hoceïne, fils d'Ali, fils de Fatma, fille du Prophète, fils d'Abdallah, fils de Hachème, fils d'Abd Mounaf, fils de Keceï,
fils de Kab, fils de Merra, fils de Kab, fils de Soneï, fils de Medleb, fils de Fihr, fils de Malek, fils de Nadir, fils de Kenane, fils de
Khezima, fils de Medraka, fils d'El-Ias, fils de Mader, fils d'Azer, fils de Meâd, fils d'Adnane.
Sidi Naïl nacquit à Figuig. A l'époque où les Arabes étaient chassés de l'Espagne, il était- gouverneur de Saguiet-el-Hamra (province de la côte occidentale du Maroc). Il jouissait auprès de son souverain, Haçane, d'une haute considération, due à ses éminentes qualités.
La guerre s'étant déclarée entre Tunis et le Maroc, Haçane se mit à la tête d'une puissante armée et envahit l'état tunisien par le sud. Mais il fui vaincu et tué, dès sa première rencontre avec les tribus de ce pays.
Sidi Naïl avait suivi son maître en qualité de premier lieutenant.
Il réunit les débris de l'armée et, au lieu de rentrer dans le Maroc où le successeur de Haçane ne manquerait pas de rejeter sur lui la faute de ce désastre et de le faire mourir, il se retira à Mendas, dans le djebel Flita. Ses nombreux parents et amis, ne tardèrent pas à l'y venir rejoindre avec leurs femmes et leurs enfants.
Cependant, les yeux noirs de la partie féminine des immigrants allumèrent un violent incendie dans le coeur trop sensible des habitants du djebel Flita. Ces sauvages et impudiques montagnards, un jour que sidi Naïl était venu les trouver pour traiter avec eux d'un achat de blé, ne voulurent lui en céder qu'en échange des femmes et des filles de ses frères et compagnons.
Sidi Naïl, indigné, ordonna à son camp de faire ses préparatifs de départ, en s'écriant:

Nunc sapien mauris, imperdiet ac pellentesque quis, facilisis non sapien. Maecenas congue vehicula mi, id luctus mi scelerisque nec. Cras viverra libero ut velit ullamcorper volutpat. Maecenas ut dolor eget ante interdum auctor quis sed nunc. Proin faucibus, mauris vitae molestie sodales, erat nisi rhoncus justo, in placerat turpis elit sed eros. Mauris molestie, justo et feugiat rutrum, arcu metus dapibus quam, sollicitudin tempus tortor dolor et nibh.