قصة معركة المقارين "فرنسي"

     

Drôle d'histoire de la Bataille de Meggarine

 Histoire de la gendarmerie d'Afrique et de la colonie
                       TH .Touchard P 451

 
 " Séjour au camp, à 5 heures, la Gendarmerie toute entière quitté son bivouac et va camper à côté de M. le général Rivet, pour garder les prisonniers Arabes et les otages. Deux brigades sont de service jour et nuit. Elles ont un poste de 20 hommes a leur disposition. Ce service qui exige une surveillance extrême n'empêche pas celui du camp. "
De nombreuses récompenses seront le prix, cette année, des services de la Gendarmerie d'Afrique, nous en donnons le détail à la fin de ce chapitre.
D'autres colonnes françaises manœuvraient dans le Sud pour resserrer Mohammed ben Abdallah qui parcourait le Sahara, menaçant les tribus fidèles, et jetant le trouble dans les populations indécises. A la fortune de ce chef s'était rallié Selman, cheik de Tuggurt, qui, depuis longtemps, avait, par ses méfaits, encouru un juste châtiment et dont on refusait de recevoir la soumission.
" Tuggurt est à l'extrémité du Sahara Algérien, dit Ladimir, à 304 kilomètres de Biskra. Cette ville occupe le fond d'une vaste oasis. Un lacis presque inextricable de jardins, occupés par de petits murs et encombré de palmiers, de vignes, de plantes grimpantes, d'une végétation tropicale, en rend les approches difficiles et dangereuses. Tuggurt peut lever, dans son enceinte, sept ou huit cents fusils. Au premier signal, elle en appellerait aisément 3 ou 4,000 des villages environnants. Des colonnes légères, composées surtout de Goum arabes, furent préparées à Batna
à Géryville, à Bouçada et à Biskra, afin d'opérer dans l'Oued-R'ir, en convergeant vers Tuggurt. Le colonel Desvaux, commandant à Bathna, lança en avant une de ces colonnes légères sous les ordres du commandant Marmier, chef du bureau arabe de Bathna. Ce corps comprenait un millier de cavaliers arabes, 200 Spahis et une compagnie de Tirailleurs indigènes montés sur des chameaux. Le colonel Desvaux suivit avec 500 bayonnettes et 200 chevaux. A la nouvelle du danger, Selman et Mohammed ben Abd Allah réunirent leurs contingents. La colonne du commandant Marmier les rencontra le 39 novembre, près de Meggarin. Une lutte longue et acharnée s'engagea, mais plusieurs charges de cavalerie vigoureusement conduites débarrassent enfin le terrain. Mis en complète déroute, l'ennemi compte plus de 500 hommes tués et un plus grand nombre de blessés. Deux drapeaux du Schérif, trois de Selman, 4100 fusils et 100 sabres sont, les trophées de cette journée. Le 1 décembre, à 10 heures du soir, sous la terreur de leur défaite, le Schérif et Selman s'enfuirent de Tuggurt, dont les troupes françaises prennent possession le 2, sans aucune espèce de résistance. Quelques jours après, toutes les populations de l'Oued-R'ir et de l'Oued-Souf  font acte de pleine et entière soumission de la France.
Encore un de nos ennemis qui disparait avec l'année 1854. BouBaghla, ce fanatique agitateur qui nous a suscité tant de tracas, se voyant partout éconduit, sollicitait en vain son pardon. Des ordres sévères prescrivaient à tous les chefs de poste de se refuser à toute correspondance avec lui. Réduit, pour vivre, à la maraude, l'homme à la mule tente, le 26 décembre , d'enlever un troupeau de bœufs appartenant au Kaïd français des Beni-Abbès; mais l'éveil est donné; ce chef monte à cheval avec son-Goum et poursuit avec une ardeur frénétique les pillards qui regagnent déjà la montagne avec leur prise. Bou Baghla, dont le cheval est fatigué, veut mettre pied à terre pour échapper plus facilement; mais a peine a-t-il fait quelques pas, que le Kaïd et ses cavaliers le saisissent et regorgent sans pitié.